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Licences d’exportation : le secteur de la ferraille dénonce un traitement à deux vitesses
Le secteur de la ferraille traverse une zone de fortes turbulences au Sénégal. Alors que quatorze exportateurs disposent officiellement de licences, seuls trois d’entre eux seraient actuellement en activité. Une paralysie que les acteurs de la filière attribuent à des conditions d’exercice jugées discriminatoires et bloquantes.
Serigne Momar Sokhna, président des exportateurs métalliques du Sénégal, monte au créneau pour dénoncer notamment l’obligation faite aux opérateurs de disposer d’un dépôt d’au moins 5 000 m² pour travailler. Selon lui, cette mesure introduite entre 2023 et 2024 constitue l’un des principaux freins au fonctionnement normal du secteur. Le responsable précise que le blocage se répercute sur l’ensemble de la chaîne de valeur : ferrailleurs, ameneurs et intermédiaires voient leurs capitaux immobilisés, tandis que les entreprises accumulent des retards de paiement, certains opérateurs attendant dix à quinze jours avant d’être réglés après livraison.
« On écarte les uns et on privilégie les autres »
La colère monte d’un cran lorsque le président de l’organisation patronale évoque un traitement à deux vitesses, affirmant que des lobbies seraient à l’œuvre pour écarter certains acteurs au profit d’autres. Face à cette situation jugée intenable, les professionnels de la filière interpellent directement le ministère du Commerce pour réclamer un arbitrage rapide permettant aux titulaires de licences de reprendre leurs opérations.
Un secteur stratégique pour l’économie
Pour les exportateurs, cette crise dépasse le cadre de leurs seuls intérêts corporatifs. Serigne Momar Sokhna rappelle que l’arrêt ou le ralentissement des exportations génère un manque à gagner substantiel pour l’économie nationale. Selon ses estimations, la filière peut générer entre 30 et 40 millions de francs CFA tous les sept jours, pour plus de 60 conteneurs chargés et acheminés vers le port de Dakar sur la même période.
Derrière cette bataille réglementaire, c’est tout un pan de l’économie informelle et industrielle qui se retrouve sous pression. Les exportateurs réclament une clarification rapide des règles du jeu et lancent un appel direct au ministère du Commerce : lever les blocages et garantir un traitement rigoureusement équitable à l’ensemble des acteurs agréés.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Sur 14 exportateurs de ferraille titulaires de licences, seuls 3 sont actuellement en activité au Sénégal, selon le secteur.
– Le président des exportateurs métalliques dénonce l’obligation d’un dépôt de 5 000 m², introduite entre 2023 et 2024, comme un frein majeur, et évoque un traitement discriminatoire favorisant certains acteurs.
– La filière estime un manque à gagner de 30 à 40 millions de francs CFA tous les sept jours, avec plus de 60 conteneurs bloqués, et interpelle le ministère du Commerce pour un arbitrage.
Auteur: Yandé DIOP
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