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Alors que les données gouvernementales ne capturent qu’une infime partie des échanges, jusqu’à « 85 % du commerce alimentaire intra-régional va sans être enregistré », représentant une valeur estimée à près de « 10 milliards USD par an ».
Il ressort que cette invisibilité statistique fausse la réalité du marché, les flux officiels se concentrant sur les produits transformés, tandis que « les céréales, les protéines animales, les fruits et les légumes » circulent majoritairement dans le secteur informel.
Cette lacune informationnelle empêche les États de piloter efficacement leurs stratégies de sécurité alimentaire et économique.
En l’absence de données, le rapport souligne que les bilans officiels occultent des quantités massives de denrées, comme l’illustre l’exemple du mil, où « les données sur le commerce informel indiquent environ 190 000 tonnes » échangées entre 2018 et 2020, là où les bilans officiels affichaient « zéro importation ».
Pour les auteurs du rapport, cet état de fait affaiblit gravement « la responsabilité des gouvernements » dans le suivi de leurs engagements régionaux, notamment vis-à-vis de la politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP) et de la ZLECAf.
Face à ce défi, l’OCDE/SWAC estime que le problème est « davantage politique que technique ».
Le rapport appelle à une institutionnalisation de la mesure du commerce informel, soulignant que des modèles performants existent déjà, à l’instar du programme ECO-ICBT. L’enjeu pour les partenaires régionaux est désormais de « construire des systèmes de données harmonisés » et de renforcer les capacités nationales pour transformer ces flux invisibles en leviers de développement.
Une meilleure traçabilité est jugée indispensable pour « concevoir, mettre en œuvre et surveiller des politiques alimentaires, agricoles et commerciales efficaces » dans une région en quête de souveraineté alimentaire.
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