Listen to the article
Sanctions post-Magal : Pourquoi le syndicaliste Oumar Dramé recadre le ministre Mamadou Lamine Dianté
Le coordonnateur du Collectif interministériel des agents de l’administration du Sénégal (CIAAS), Oumar Dramé, a réagi fermement à la récente sortie du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, portant sur les absences constatées dans les services publics au lendemain du Grand Magal de Touba.
Intervenant sur les ondes d’iRadio, le responsable syndical a d’emblée reconnu la légalité de l’initiative ministérielle au regard des textes réglementaires en vigueur. « Si on se base sur les textes réglementaires qui régissent la Fonction publique, le ministre avait quasiment raison », admet-il, rappelant que le décret n°96-677 du 17 août 1996 fixe clairement les horaires de travail des agents de l’État. Selon lui, l’administration dispose d’ailleurs de mécanismes juridiques permettant aux fonctionnaires de solliciter des autorisations d’absence ou de bénéficier de congés dans le respect des procédures.
Toutefois, le coordonnateur du CIAAS a soulevé de fortes interrogations sur la méthode employée par la tutelle, dénonçant une forme de « stigmatisation ». Il a déploré le fait que la sortie médiatique du ministre ait ciblé spécifiquement les agents de son département, alors que la Fonction publique englobe l’ensemble des ministères. Selon lui, le gouvernement aurait plutôt dû publier un communiqué officiel rappelant les obligations de service à l’approche du retour du Magal, permettant ainsi aux différents départements de mieux s’organiser pour garantir la continuité du service public. Il estime par ailleurs que cette situation relevait d’une gestion interne et n’appelait pas un traitement médiatique.
Le responsable syndical a néanmoins tenu à clarifier la ligne de son organisation, rappelant qu’elle n’a jamais encouragé le non-respect des horaires de travail et que l’assiduité demeure un devoir pour tout agent public. Il a cependant invité les autorités à faire preuve de discernement en tenant compte du contexte particulier du Magal, marqué par d’importantes difficultés de circulation et des dispositifs sécuritaires ayant retardé de nombreux travailleurs partis très tôt de Touba.
Concernant les éventuelles sanctions administratives, Oumar Dramé appelle à la prudence et au respect des garanties disciplinaires. Il rappelle que la phase actuelle est à l’analyse des demandes d’explication et que de nombreux agents disposent de motifs valables pour justifier leur situation.
Au-delà de cette polémique, le président du CIAAS a élargi son propos aux conditions globales de travail des agents publics, en particulier ceux affectés sur le site de Diamniadio. Il a pointe du doigt les contraintes d’accès à la cité administrative, le coût élevé des transports et l’insuffisance des moyens de déplacement, des facteurs qui pèsent lourdement sur la ponctualité et la productivité.
Enfin, Oumar Dramé a salué la perspective de la prochaine conférence sociale, espérant qu’elle permettra de poser un diagnostic sans complaisance pour moderniser l’administration. Il invite à dépasser la seule exigence de présence physique au bureau pour orienter l’évaluation vers la culture du résultat, notamment par l’introduction de nouvelles méthodes d’organisation comme le télétravail.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Oumar Dramé reconnaît que le ministre Mamadou Lamine Dianté s’appuie sur les textes réglementaires, notamment le décret n°96-677 du 17 août 1996, pour justifier les sanctions post-Magal.
– Le syndicaliste dénonce une « stigmatisation » des agents de son département et critique l’absence de communiqué officiel préventif, préférant une gestion interne plutôt qu’un traitement médiatique.
– Il appelle à la prudence sur les sanctions, évoque les difficultés de circulation et les coûts de transport à Diamniadio, et plaide pour une évaluation basée sur la culture du résultat, incluant le télétravail.
Auteur: Bernadette Seynabou FAYE
Publié le:
Mis à jour le:
Lire l’article complet ici
