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La Banque mondiale est souvent présentée comme le principal partenaire financier des pays en développement. Cette appellation recouvre pourtant plusieurs institutions dont les missions diffèrent. Parmi elles, l’Association internationale de développement (IDA) occupe une place à part. Créée en 1960, elle constitue le guichet concessionnel du Groupe de la Banque mondiale et concentre son action sur les pays à faible revenu. Son rôle consiste à leur accorder des dons et des prêts à très faible coût afin de financer des investissements que les marchés internationaux ne permettraient pas de soutenir dans des conditions soutenables.
L’IDA répond à une logique différente de celle de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), autre institution du Groupe de la Banque mondiale. La BIRD prête principalement aux pays à revenu intermédiaire ou aux économies dont la capacité d’endettement permet d’accéder à des financements proches des conditions de marché. L’IDA intervient, elle, auprès des États les plus pauvres, où les besoins en infrastructures, en santé ou en éducation demeurent considérables alors que les marges budgétaires restent limitées.
Les financements accordés par l’IDA présentent des conditions nettement plus favorables que celles proposées sur les marchés financiers. Les prêts sont généralement assortis de taux d’intérêt très faibles, voire nuls selon les instruments utilisés, avec des périodes de grâce pouvant atteindre dix ans et des échéances de remboursement qui s’étendent parfois jusqu’à quarante ans. Les pays les plus fragiles peuvent également bénéficier de dons afin d’éviter une dégradation de leur situation d’endettement.
Le fonctionnement de l’IDA repose sur des reconstitutions organisées tous les trois ans. Les pays donateurs se réunissent pour déterminer le montant des ressources qui permettront de financer les opérations du cycle suivant. Ces négociations constituent l’un des principaux rendez-vous internationaux du financement du développement, car elles conditionnent les moyens disponibles pour plusieurs dizaines d’économies à faible revenu.
La vingt et unième reconstitution des ressources (IDA21), conclue en décembre 2024, a permis de mobiliser 100 milliards de dollars, un niveau jamais atteint depuis la création de l’institution. Ces ressources financeront les opérations de l’IDA entre juillet 2025 et juin 2028. Selon la Banque mondiale, elles seront consacrées en priorité à la création d’emplois, aux infrastructures, à l’adaptation au changement climatique, à la santé, à l’éducation, à la sécurité alimentaire et au renforcement de la résilience des pays fragiles.
L’Afrique subsaharienne demeure la première région bénéficiaire de ces financements. Au cours de l’exercice 2024, elle a reçu près de 75 % des nouveaux engagements de l’IDA. Plusieurs pays de l’UEMOA, dont le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Guinée-Bissau et le Togo, figurent régulièrement parmi les bénéficiaires des projets financés par cette institution.
Le Sénégal continue ainsi de mobiliser des ressources de l’IDA pour accompagner plusieurs réformes et investissements publics. En juin 2025, la Banque mondiale a notamment approuvé un financement de 115 millions de dollars destiné à améliorer l’accès à l’eau potable et à renforcer les services d’assainissement en milieu rural. D’autres opérations récentes concernent la protection sociale, la transformation numérique, le développement agricole ou encore le renforcement du système éducatif.
Les infrastructures représentent une part importante des financements de l’IDA. Les projets concernent aussi bien les routes que les réseaux électriques, les ouvrages hydrauliques ou les systèmes de transport urbain. Ces investissements produisent souvent leurs effets sur plusieurs décennies et nécessitent donc des financements de long terme, difficilement accessibles aux pays les plus pauvres sur les marchés internationaux.
La santé et l’éducation occupent également une place croissante dans les interventions de l’institution. L’IDA participe au financement de centres de santé, de programmes de vaccination, d’établissements scolaires, de formations professionnelles ou encore de dispositifs de protection sociale. Dans plusieurs pays africains, elle est devenue l’un des principaux partenaires des politiques publiques dans ces secteurs.
L’adaptation au changement climatique constitue désormais une autre priorité. Selon la Banque mondiale, une part significative des ressources mobilisées dans le cadre d’IDA21 sera consacrée aux projets favorisant la résilience climatique, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la gestion de l’eau, des infrastructures résistantes aux événements extrêmes ou du développement des énergies renouvelables.
La montée du coût de l’endettement renforce encore le rôle de cette institution. Depuis le resserrement des politiques monétaires engagé par les principales banques centrales à partir de 2022, de nombreux pays à faible revenu empruntent à des conditions moins favorables sur les marchés internationaux. Les financements concessionnels de l’IDA permettent de poursuivre certains investissements sans accroître excessivement la charge future de la dette.
Il convient toutefois de ne pas confondre l’IDA avec la Banque mondiale dans son ensemble. L’Association internationale de développement constitue l’une des cinq institutions du Groupe de la Banque mondiale, chacune remplissant une mission spécifique. La BIRD prête aux économies disposant d’une capacité financière plus importante, l’IFC finance directement le secteur privé, la MIGA garantit les investisseurs contre certains risques politiques, tandis que l’IDA concentre son action sur les pays dont les besoins de financement restent les plus élevés.
À mesure que les besoins en infrastructures, en santé, en éducation ou en adaptation climatique continuent de croître, les ressources mobilisées par l’IDA deviennent un levier de plus en plus déterminant pour de nombreux États africains. Derrière chaque reconstitution triennale se joue une partie de leur capacité à poursuivre des investissements de long terme tout en préservant l’équilibre de leurs finances publiques.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’IDA, guichet concessionnel de la Banque mondiale créé en 1960, accorde dons et prêts à taux très faibles aux pays à faible revenu, avec des échéances allant jusqu’à 40 ans.
– La 21e reconstitution (IDA21), conclue en décembre 2024, a mobilisé 100 milliards de dollars pour financer les opérations de juillet 2025 à juin 2028, priorisant emplois, infrastructures, climat, santé et éducation.
– L’Afrique subsaharienne a reçu près de 75 % des engagements de l’IDA en 2024, incluant un financement de 115 millions de dollars approuvé en juin 2025 pour l’eau potable et l’assainissement rural au Sénégal.
Auteur: Aicha FALL
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