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Économie

Des banques aux cryptoactifs : le FSB élargit son champ de surveillance

SenewebSenewebjuillet 19, 20266 min de lecture
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Des banques aux cryptoactifs : le FSB élargit son champ de surveillance

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La crise financière de 2008 n’a pas seulement provoqué la faillite de grandes banques et une récession mondiale. Elle a également révélé les limites de la coopération entre les autorités financières des principaux pays. Les banques centrales, les régulateurs et les gouvernements disposaient chacun d’informations sur leur propre système financier, mais aucune institution n’était véritablement chargée de repérer les risques susceptibles de se propager à l’ensemble de l’économie mondiale. Pour combler cette lacune, les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont décidé, en avril 2009, de renforcer une structure existante et de lui confier une mission beaucoup plus large. C’est ainsi qu’est né le Financial Stability Board (FSB), ou Conseil de stabilité financière.

Installé à Bâle, en Suisse, où se trouve également la Banque des règlements internationaux (BRI), le FSB rassemble aujourd’hui les banques centrales, les ministères des Finances, les autorités de supervision financière ainsi que les principales organisations internationales intervenant dans ce domaine. Parmi ses membres figurent notamment le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque centrale européenne, la Banque des règlements internationaux, l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) et le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire.

Le FSB ne remplace aucune de ces institutions. Sa mission consiste plutôt à coordonner leurs travaux et à détecter les vulnérabilités susceptibles de menacer la stabilité du système financier mondial. Cette fonction est devenue indispensable dans un environnement où les banques, les marchés financiers et les flux de capitaux sont étroitement interconnectés.

Les événements de 2008 avaient démontré qu’un problème apparu dans un segment du marché américain pouvait, en quelques semaines, provoquer une crise bancaire en Europe, ralentir la croissance en Afrique ou perturber les échanges commerciaux en Asie. Selon le FMI, les pertes enregistrées par les institutions financières durant cette crise se sont élevées à plusieurs milliers de milliards de dollars, tandis que le commerce mondial reculait de plus de 10 % en 2009, une contraction inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le FSB cherche précisément à éviter qu’un tel scénario ne se reproduise. Chaque année, il publie plusieurs rapports dans lesquels il identifie les risques émergents susceptibles d’affecter la finance mondiale. Les banques systémiques, les marchés obligataires, les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance, les infrastructures de paiement ou encore les plateformes de cryptoactifs font désormais partie des domaines suivis de près.

Cette surveillance s’étend également aux établissements considérés comme « systémiques », c’est-à-dire dont une défaillance pourrait provoquer une crise dépassant largement leurs propres activités. En novembre 2024, le FSB recensait 29 banques d’importance systémique mondiale, parmi lesquelles JPMorgan Chase, BNP Paribas, HSBC, Deutsche Bank ou encore Industrial and Commercial Bank of China. Ces établissements sont soumis à des exigences prudentielles plus élevées que les autres banques en raison de leur poids dans le système financier international.

Les recommandations du FSB ne possèdent pas de valeur juridique contraignante. Elles influencent pourtant directement les réglementations nationales. Les réformes engagées après 2008 sur les fonds propres des banques, les mécanismes de résolution bancaire, la transparence des marchés de produits dérivés ou encore la supervision des institutions financières d’importance systémique ont largement été élaborées en coordination avec le Conseil de stabilité financière.

Les cryptoactifs constituent aujourd’hui l’un des principaux sujets de vigilance. L’effondrement de la plateforme FTX en novembre 2022, qui avait laissé plusieurs millions de clients confrontés à d’importantes pertes, a conduit le FSB à accélérer ses travaux sur l’encadrement des actifs numériques. En juillet 2023, l’institution a publié un ensemble de recommandations destinées à harmoniser la réglementation applicable aux cryptoactifs et aux stablecoins à l’échelle internationale.

Le secteur non bancaire mobilise également une attention croissante. Les fonds d’investissement, les fonds monétaires ou certaines institutions financières qui ne sont pas des banques représentent désormais une part importante du financement mondial. Selon le FSB, les actifs du secteur financier non bancaire dépassaient 250 000 milliards de dollars à la fin de l’année 2023, soit près de la moitié des actifs financiers mondiaux. Cette évolution élargit les sources de financement de l’économie mais crée également de nouveaux risques que les autorités cherchent à mieux comprendre.

L’Afrique n’est pas membre à part entière du FSB en tant que région, mais les décisions et les orientations élaborées par cette instance produisent des effets bien au-delà des économies du G20. Les banques africaines appliquent progressivement des normes prudentielles inspirées des travaux du Comité de Bâle, tandis que les banques centrales suivent avec attention les recommandations relatives aux risques climatiques, à la cybersécurité ou aux cryptoactifs.

La BCEAO participe d’ailleurs à plusieurs enceintes internationales où ces questions sont examinées. Les réflexions conduites par le FSB alimentent ainsi les évolutions réglementaires observées dans de nombreuses juridictions, y compris au sein de l’UEMOA.

Les travaux consacrés au changement climatique illustrent cette influence. Depuis plusieurs années, le Conseil de stabilité financière encourage les institutions financières à mieux mesurer les risques liés aux événements climatiques et à intégrer ces éléments dans leur gestion des risques. Cette approche est devenue un sujet majeur pour les investisseurs internationaux, notamment dans le financement des infrastructures et de la transition énergétique.

Le FSB s’intéresse également aux conséquences de l’intelligence artificielle, de la numérisation des services financiers et du développement des paiements instantanés. Chacune de ces innovations ouvre de nouvelles perspectives pour les banques et les entreprises, mais peut aussi créer des vulnérabilités inédites si elles ne sont pas correctement encadrées.

L’institution ne prête pas d’argent, ne sauve pas les banques en difficulté et ne décide pas des politiques monétaires. Son rôle consiste à identifier les fragilités avant qu’elles ne se transforment en crise systémique et à favoriser une réponse coordonnée des principales autorités financières mondiales. Cette capacité d’anticipation est devenue un pilier de la gouvernance financière internationale.

À mesure que les marchés financiers se mondialisent et que les innovations se diffusent rapidement d’un continent à l’autre, la stabilité financière dépend de plus en plus de la coopération entre les régulateurs. Derrière les rapports publiés par le FSB se dessine ainsi une ambition qui dépasse largement le cadre des grandes économies, celle de réduire le risque qu’une nouvelle crise mondiale trouve les autorités aussi mal préparées qu’en 2008.

⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction

– Le FSB (Conseil de stabilité financière) a été créé en avril 2009 par le G20 pour coordonner les autorités financières et détecter les risques systémiques mondiaux après la crise de 2008.
– En novembre 2024, le FSB surveille 29 banques d’importance systémique mondiale, comme JPMorgan Chase et BNP Paribas, et a élargi sa surveillance aux cryptoactifs après l’effondrement de FTX en 2022.
– Le secteur financier non bancaire, avec des actifs dépassant 250 000 milliards de dollars fin 2023, est une priorité croissante, tandis que les recommandations du FSB influencent les régulations nationales sans être juridiquement contraignantes.

Auteur: Aicha Fall
Publié le: Dimanche 19 Juillet 2026 à 20h05


Mis à jour le: Dimanche 19 Juillet 2026 à 21h02

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