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Saint-Louis : la Commission régionale de gestion des frontières adopte son plan d’action 2026
La Commission régionale de Gestion des Frontières (CRGF) de Saint-Louis s’est réunie ce mardi 14 juillet 2026 sous la présidence du gouverneur Al Hassane Sall. Cette rencontre a permis de présenter aux différents acteurs régionaux les nouvelles orientations de l’État en matière de gouvernance, de sécurisation et de développement des espaces frontaliers. À l’issue des travaux, le plan d’action annuel 2026 de la CRGF a été adopté.
Présidant les échanges, le gouverneur Al Hassane Sall a rappelé que la région de Saint-Louis, frontalière de la Mauritanie, fait face à des défis particuliers qui nécessitent une approche spécifique.
Selon lui, la gestion d’un territoire frontalier ne peut être assimilée à celle d’une région située à l’intérieur du pays. Les zones frontalières sont confrontées à plusieurs enjeux, notamment les trafics illicites, les flux migratoires, les échanges commerciaux et parfois des conflits liés à la proximité des frontières.
Face à ces défis, l’État du Sénégal a élaboré une politique nationale de gouvernance des frontières reposant sur plusieurs piliers essentiels.
« Nous avons réuni la Commission régionale de gestion des frontières pour échanger sur cette politique nationale afin que tous les acteurs territoriaux puissent en maîtriser les contours et contribuer à sa mise en œuvre », a expliqué le gouverneur.
Le chef de l’exécutif régional a insisté sur la nécessité d’associer pleinement les populations vivant dans les zones frontalières. Cette politique prévoit notamment le renforcement des infrastructures de base afin d’améliorer les conditions de vie des habitants, tout en favorisant un développement territorial inclusif avec l’implication des collectivités territoriales et des communautés locales.
Sur le volet sécuritaire, Al Hassane Sall a souligné l’importance d’une présence renforcée des forces de défense et de sécurité, de la police des frontières, de la douane ainsi que des services civils, notamment dans les domaines de la santé et de la protection civile.
Il a précisé que cette approche repose sur une conception globale de la sécurité intégrant les dimensions sécuritaire, sanitaire, environnementale et économique, tout en encourageant la coopération entre les populations des deux côtés de la frontière.
À l’issue de la rencontre, les membres de la commission ont réaffirmé leur engagement à accompagner la mise en œuvre de cette politique afin de préserver la paix, de faciliter les échanges transfrontaliers et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Une stratégie nationale à l’horizon 2034
Consultant de la Commission nationale de gestion des frontières, le professeur Mohamadou Mountaga Diallo, enseignant en géographie et aménagement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a présenté les grandes orientations de cette politique nationale.
Il a rappelé que cette stratégie est née d’une recommandation de l’Union africaine invitant les États membres à se doter d’une politique de gouvernance des frontières.
« Élaborée selon une démarche participative, cette politique ambitionne de mieux connaître les frontières du Sénégal tout en améliorant durablement les conditions économiques, sociales et sécuritaires des populations qui y vivent » a indiqué Mohamadou Mountaga Diallo.
L’objectif fixé est qu’à l’horizon 2034, le Sénégal dispose de frontières clairement connues, reconnues, sécurisées et offrant un environnement favorable au développement et à la stabilité des communautés.
La politique nationale s’articule autour de six axes majeurs :la délimitation, la démarcation et la réaffirmation des frontières ; le renforcement de la gouvernance sécuritaire des zones frontalières ;
le développement de la coopération transfrontalière ;le développement économique et social des territoires frontaliers ; la gestion des mobilités, des migrations et du commerce transfrontalier ;
le renforcement des capacités des acteurs chargés de sa mise en œuvre.
Selon le professeur Diallo, ces différents axes permettront de mieux répondre aux défis spécifiques des espaces frontaliers tout en favorisant leur développement.
Saint-Louis, une région aux quatre frontières
L’universitaire a également souligné la singularité de la région de Saint-Louis, qui possède quatre types de frontières.
« Il s’agit de la frontière aérienne, matérialisée par l’aéroport international Ousmane Masseck Ndiaye, de la frontière fluviale avec le fleuve Sénégal, de la frontière maritime partagée avec la Mauritanie et de la frontière terrestre située autour de Gokhou Mbathie.
Si la frontière terrestre est déjà officiellement délimitée depuis les travaux de la commission mixte sénégalo-mauritanienne de 1971, les frontières fluviale et maritime restent encore insuffisamment matérialisées » a-t-il expliqué.
Pour Mohamadou Mountaga Diallo, la finalisation de leur délimitation constitue un enjeu majeur, car ces espaces demeurent parfois sources de tensions entre les communautés riveraines des deux pays.
La politique nationale de gouvernance des frontières entend ainsi renforcer la connaissance, la sécurisation et la valorisation de ces espaces afin d’en faire des territoires de coopération, de paix et de développement partagé.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– La Commission régionale de gestion des frontières (CRGF) de Saint-Louis a adopté son plan d’action annuel 2026 lors d’une réunion présidée par le gouverneur Al Hassane Sall.
– Le gouverneur a souligné les défis spécifiques de la région frontalière avec la Mauritanie, comme les trafics illicites et les flux migratoires, nécessitant une approche particulière.
– Une politique nationale de gouvernance des frontières, visant à l’horizon 2034 des frontières sécurisées et favorisant le développement, a été présentée, articulée autour de six axes majeurs.
Auteur: Babacar SENE (correspondant) Saint-Louis
Publié le: Mardi 14 Juillet 2026
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