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Monde

Investissement en Afrique : L’ATI, le bouclier financier contre le risque politique

SenewebSenewebjuillet 6, 20266 min de lecture
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Investissement en Afrique : L’ATI, le bouclier financier contre le risque politique

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Investissement en Afrique : L’ATI, le bouclier financier contre le risque politique

Lorsqu’une entreprise décide de construire une centrale électrique, une usine ou une infrastructure de transport dans un pays africain, le risque qu’elle évalue ne se limite pas à la rentabilité économique du projet. Les investisseurs examinent également la stabilité réglementaire, les conditions de transfert des devises, le risque de conflit, les changements de politique publique ou encore la capacité de l’État à respecter certains engagements contractuels. Dans de nombreux cas, ce sont ces incertitudes qui freinent davantage les investissements que l’absence de projets viables.

C’est précisément sur ce terrain qu’intervient l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique, plus connue sous son sigle anglais ATI (African Trade & Investment Development Insurance). Créée en 2001 sous l’impulsion de plusieurs États africains avec le soutien de la Banque mondiale, l’institution a été conçue pour réduire les risques auxquels sont confrontés les investisseurs, les banques et les entreprises opérant sur le continent.

L’ATI appartient aujourd’hui à un groupe d’États africains représentant une part importante de l’économie du continent. Au fil des années, son périmètre d’intervention s’est considérablement élargi, aussi bien sur le plan géographique que sectoriel. Son siège est installé à Nairobi, au Kenya.

Son modèle repose sur un principe relativement simple. Lorsqu’un investisseur ou une banque estime qu’un projet présente un risque politique ou réglementaire trop élevé, l’ATI peut fournir une couverture qui protège une partie des capitaux engagés. Cette garantie réduit l’exposition au risque et peut ainsi faciliter la décision d’investissement.

L’institution intervient notamment contre plusieurs types de risques souvent observés dans les économies émergentes. Elle peut couvrir les risques liés aux restrictions de transfert de devises, aux expropriations, aux ruptures de contrats publics, à certaines formes d’instabilité politique ou encore au non-respect d’engagements financiers par des entités publiques.

Cette activité répond à un besoin bien identifié. Selon la CNUCED, les flux d’investissements directs étrangers vers l’Afrique restent très inférieurs à ceux observés dans d’autres régions en développement alors même que les besoins de financement du continent demeurent considérables. Une partie de cet écart s’explique par la perception du risque associée à certains marchés africains.

Les infrastructures illustrent parfaitement cette problématique. La Banque africaine de développement estime que les besoins annuels de financement des infrastructures africaines se situent entre 130 et 170 milliards de dollars, alors que le déficit de financement reste compris entre 68 et 108 milliards de dollars par an. Une partie de ces projets pourrait attirer davantage de capitaux privés si certains risques étaient mieux couverts.

L’ATI est devenue l’un des acteurs les plus actifs dans ce domaine. Selon ses rapports annuels, l’institution a soutenu depuis sa création plus de 100 milliards de dollars d’investissements et de transactions commerciales à travers le continent. Son portefeuille couvre aujourd’hui des centaines de projets répartis dans des secteurs aussi variés que l’énergie, les infrastructures, les télécommunications, les services financiers ou l’industrie.

Les résultats récents témoignent de cette montée en puissance. En 2024, l’exposition brute totale de l’institution dépassait 8 milliards de dollars, contre moins de 1 milliard de dollars une quinzaine d’années auparavant. Cette progression reflète l’importance croissante des mécanismes d’assurance et de garantie dans le financement du développement africain.

Le secteur énergétique figure parmi les principaux bénéficiaires de ces interventions. Les projets de production électrique nécessitent souvent des investissements très élevés et des horizons de remboursement pouvant dépasser quinze ou vingt ans. Les investisseurs cherchent donc à sécuriser leurs engagements sur des périodes longues. Les garanties proposées par l’ATI permettent de réduire certaines incertitudes susceptibles de compromettre la viabilité financière des projets.

L’institution joue également un rôle dans le financement du commerce. Les banques qui accompagnent les échanges internationaux sont parfois confrontées à des risques de paiement ou de transfert. En apportant une couverture adaptée, l’ATI contribue à fluidifier certaines opérations commerciales qui auraient autrement été jugées trop risquées.

Cette fonction prend une dimension particulière dans le contexte actuel. Depuis la remontée des taux d’intérêt mondiaux amorcée en 2022, les investisseurs sont devenus plus sélectifs et les conditions de financement se sont durcies pour de nombreux pays africains. Les mécanismes de partage du risque sont donc devenus un élément de plus en plus recherché dans la structuration des projets.

Le Sénégal s’inscrit dans cette dynamique. Les besoins de financement liés aux infrastructures, à l’énergie, à l’industrialisation ou à la transition énergétique nécessitent la mobilisation de ressources publiques et privées importantes. Les institutions spécialisées dans la couverture du risque, comme l’ATI, peuvent contribuer à attirer des investisseurs qui hésiteraient autrement à s’engager sur certains projets de long terme.

L’intérêt de ces mécanismes apparaît également dans le coût du financement. Lorsqu’un projet bénéficie d’une couverture reconnue par les investisseurs et les banques, il peut souvent accéder à des ressources moins coûteuses. Le risque perçu diminue et les conditions de financement tendent à s’améliorer.

Cette évolution reflète une transformation plus large du financement du développement. Les banques multilatérales, les fonds souverains, les investisseurs institutionnels et les banques commerciales disposent de capitaux considérables, mais leur mobilisation dépend largement du niveau de risque associé aux projets. De plus en plus, l’enjeu n’est donc pas seulement de trouver des financements, mais de créer les conditions permettant à ces financements d’être déployés.

L’ATI occupe précisément cette fonction dans l’écosystème financier africain. Elle ne construit pas les infrastructures, ne prête pas directement autant qu’une banque de développement et ne définit pas les politiques publiques. Son rôle consiste à réduire certaines incertitudes afin de rendre les projets africains plus attractifs pour les investisseurs. Dans un continent où les besoins d’investissement se chiffrent en centaines de milliards de dollars, cette capacité à rassurer les financeurs est devenue un levier majeur pour accélérer la mobilisation des capitaux.

⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction

– L’ATI (Agence pour l’assurance du commerce en Afrique) couvre les risques politiques et réglementaires (transfert de devises, expropriation, rupture de contrats publics) pour faciliter les investissements en Afrique.
– Depuis sa création en 2001, l’ATI a soutenu plus de 100 milliards de dollars d’investissements et transactions, avec une exposition brute dépassant 8 milliards de dollars en 2024.
– L’institution intervient notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et du commerce, contribuant à réduire le coût du financement pour des projets à long terme.

Auteur: Aicha Fall
Publié le: Dimanche 05 Juillet 2026

Lire l’article complet ici

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