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0,3 % d’exécution au premier trimestre : L’Assemblée sonne l’alerte sur la panne des investissements publics
À quelques mois de l’élaboration du budget 2027, l’Assemblée nationale dresse un constat sans détour : si les finances publiques montrent des signes d’amélioration, les investissements publics accusent un retard préoccupant. C’est l’un des principaux enseignements du rapport introductif présenté dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (DOB), fruit d’auditions inédites menées auprès des 25 ministères. Les débats en plénière sont en cours ce mardi à l’Assemblée. Pour la première fois, les députés ont passé au crible l’exécution budgétaire de l’ensemble des départements ministériels avant la préparation du prochain budget. Une démarche qui marque, selon le rapport, une nouvelle étape dans le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale.
Le document relève que l’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire a été ramené à 6,44 % du PIB, un niveau inférieur aux prévisions de la loi de finances rectificative. Les premiers résultats de 2026 témoignent également d’une dynamique encourageante dans la mobilisation des recettes. Mais derrière ces indicateurs macroéconomiques relativement positifs, les députés pointent une réalité beaucoup moins reluisante : les investissements directement réalisés par l’État restent quasiment à l’arrêt. À la fin du premier trimestre 2026, leur taux d’exécution ne représentait que 0,3 % des crédits ouverts, un niveau jugé extrêmement faible.
Les secteurs les plus sensibles sont particulièrement touchés. L’agriculture, l’éducation, la santé, les infrastructures, le numérique ou encore les politiques sociales enregistrent des retards importants, souvent liés à des lenteurs dans les procédures de marchés publics, à une faible maturation des projets ou encore aux difficultés de mobilisation des financements extérieurs. Le rapport insiste sur un principe : voter des crédits ne suffit pas. Encore faut-il que les projets soient suffisamment préparés, que les marchés soient attribués à temps et que les financements soient effectivement disponibles afin que les populations ressentent les effets des politiques publiques. Les députés rappellent également que la performance d’une politique publique ne doit pas être évaluée uniquement à travers les montants dépensés, mais surtout à travers les réalisations concrètes sur le terrain et leur impact sur la vie des citoyens. Derrière chaque ligne budgétaire, soulignent-ils, se trouvent une école à construire, une route à aménager, un poste de santé à équiper ou encore des emplois à créer.
Pour le budget 2027, les parlementaires demandent que les priorités nationales soient clairement orientées vers la santé, les infrastructures, l’éducation, l’agriculture, l’emploi, l’eau et l’assainissement, tout en veillant à une meilleure répartition territoriale des investissements. Ils souhaitent également que les dépenses sociales soient protégées malgré les impératifs de consolidation budgétaire. Le rapport formule plusieurs recommandations fortes, parmi lesquelles la transmission trimestrielle des données d’exécution budgétaire aux commissions parlementaires, un suivi régulier des engagements pris par les ministres, une territorialisation des investissements publics, un plan d’accélération des projets en retard ainsi qu’un meilleur suivi des financements extérieurs.
En conclusion, l’Assemblée nationale estime que le Débat d’orientation budgétaire ne doit pas être un simple exercice de présentation. Il doit permettre d’obtenir du Gouvernement des engagements précis, chiffrés et territorialisés afin que le budget 2027 réponde réellement aux attentes des populations et que les investissements annoncés se traduisent enfin par des réalisations concrètes sur le terrain.
Auteur: Yande Diop
Publié le: Mardi 30 Juin 2026
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