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Digitalisation de l’état-civil: « Nekkal » réussit son pari mais le défi de la pérennisation persiste
Avec près de 10 millions d’actes d’état civil numérisés, 20 millions d’autres indexés, 26 infrastructures construites et plus de 400 centres interconnectés, le Projet d’appui au renforcement du système d’information de l’état civil (Nekkal) arrive au terme de son mandat. Initié en 2020 pour moderniser un système d’état civil défaillant qui faisait face à de nombreux défis (infrastructures insuffisances, problèmes d’archivages, système archaïque, fraudes documentaires), le Programme « Nekkal » a officiellement clos ses travaux à Dakar, au cours du Comité de pilotage final, ce lundi 29 juin 2026.
Un bilan satisfaisant et historique a été tiré. Celui-ci a propulsé l’administration sénégalaise dans l’ère de la modernité. Financé à hauteur de 18 milliards de FCFA (environ 28 millions d’euros) grâce au partenariat stratégique de l’Union européenne, ce chantier titanesque redéfinit la relation entre les citoyens et leur administration.
Pape Ngor Thiaw, conseiller technique du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, a listé les avancées significatives enregistrées dans la mise en œuvre du Programme.
« Le programme NEKKAL apporte une réponse concrète aux enjeux de modernisation de l’état civil et les résultats obtenus parlent d’eux-mêmes », souligne-t-il. Mis en œuvre avec le soutien technique de Civipol et d’Enabel, Nekkal pose les bases de la souveraineté numérique. Ce travail de centralisation est le socle indispensable à la mise en place du futur registre national des personnes physiques et à la généralisation de l’identité biométrique dès la naissance.
Sur le plan juridique, le programme a permis la validation d’un projet de loi sur l’informatisation de la gestion des faits d’état civil, de son décret d’application ainsi que des projets de décrets relatifs à la reconstitution et à la conservation des registres, a confié M. Thiaw.
S’y ajoute, sur le plan des infrastructures, la construction de 26 nouveaux centres d’état civil modernes dans les zones les plus reculées du pays, la mise à dispositions de 65 motos aux communes ainsi que la dotation de 1200 ordinateurs et 1000 imprimantes pour connecter l’ensemble du système.
Une base de données de 20 millions d’actes d’état civil (naissances, mariages, décès)
Si la barre des 10 millions d’actes numérisés avait marqué un premier palier symbolique, les résultats finaux dépassent toutes les attentes. Au terme du programme, ce sont finalement 20 millions d’actes de naissance, de mariage et de décès qui ont été sauvegardés, indexés et intégrés dans le système informatique national.
Parallèlement, plus de 400 centres d’état civil ont été interconnectés à travers tout le territoire national grâce à une application de gestion centralisée. Pour les Sénégalais, l’impact est immédiat. Désormais, un citoyen né à Ziguinchor, Kédougou, Matam ou à Podor et résidant à Dakar n’a plus besoin de voyager pour obtenir un extrait de naissance : il peut en faire la demande et le retirer directement dans n’importe quel centre d’état civil interconnecté.
Malgré le succès salué par l’ensemble des acteurs et des partenaires financiers, le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao, maître d’œuvre du Programme, souligne toutefois que la gouvernance, la fiabilité, l’accessibilité et la conservation documentaire demeures des défis à relever. Il a ainsi plaidé pour la poursuite des efforts dans la deuxième phase du projet qui mettra l’accès sur la fiabilité du système afin de mettre fin aux fraudes à l’état civil qui sont légion.
Auteur: Thiebeu NDIAYE
Publié le: Lundi 29 Juin 2026
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