Listen to the article
Pierre Goudiaby Atepa : « Le Sénégal doit reprendre le contrôle de son économie »
À l’heure de passer le témoin à la tête du Club des investisseurs sénégalais (CIS), Pierre Goudiaby Atepa a livré un plaidoyer en faveur d’un secteur privé national plus fort, plus ambitieux et davantage associé aux grands projets du pays. Face à une conjoncture économique qu’il juge particulièrement difficile, il a exhorté les entrepreneurs sénégalais à persévérer dans leur combat pour une souveraineté économique réelle, fondée sur la confiance accordée aux acteurs nationaux.
Pierre Goudiaby Atepa a expliqué, ce samedi, lors de l’Assemblée générale ordinaire du Club des investisseurs sénégalais (CIS), que le secteur privé sénégalais doit occuper une place centrale dans la transformation économique du pays et que l’État doit davantage faire confiance aux entreprises nationales pour porter les grands projets structurants, parce que le Sénégal dispose de ressources et de compétences nécessaires pour devenir un leader économique africain.
Après trois années passées à la tête de l’organisation patronale, l’architecte et homme d’affaires a tenu à remercier les membres du Club pour la confiance qu’ils lui ont témoignée. « C’est certainement la dernière fois que je m’adresse à vous en tant que président », a-t-il déclaré, avant de saluer l’engagement de ces entrepreneurs qu’il considère comme des bâtisseurs de l’économie nationale.
En effet, Pierre Goudiaby Atepa n’a pas caché ses inquiétudes face au contexte économique actuel. « La conjoncture que nous vivons est difficile, très difficile », a-t-il reconnu. Et malgré les contraintes auxquelles ils font face. Il a rendu hommage au président d’honneur Babacar Ngom et aux chefs d’entreprise qui continuent à maintenir leurs activités et à préserver des milliers d’emplois à travers le pays.
Revenant sur son mandat, il a estimé que son équipe avait travaillé avec détermination malgré les obstacles. « Nous n’avons peut-être pas tout réalisé, mais nous avons fait tout ce que nous avons pu », a-t-il affirmé. Le président sortant a également expliqué que le renouvellement des instances du CIS s’était fait dans un esprit de consensus afin de préserver la cohésion interne de l’organisation.
Selon lui, cette démarche permettra à la nouvelle équipe de poursuivre les chantiers engagés sans rupture. « Nous avons voulu accompagner une équipe cohérente, capable de continuer le travail entrepris », a-t-il indiqué.
Le combat pour la souveraineté économique
Au cœur de son discours, Pierre Goudiaby Atepa a réaffirmé la vocation du Club des investisseurs sénégalais : faire émerger un secteur privé national capable de jouer un rôle moteur dans l’économie. « Nous avons voulu contribuer à bâtir un Sénégal dont les fils contrôlent l’économie », a-t-il lancé. Pour lui, l’indépendance politique n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une véritable maîtrise économique par les Sénégalais eux-mêmes. Une ambition qui exige, selon lui, davantage de confiance envers les entreprises nationales. « Le rôle du secteur privé dont tout le monde parle ne peut se concrétiser que si l’on nous fait confiance », a-t-il insisté.
Sans attaquer directement les autorités, Pierre Goudiaby Atepa a dénoncé ce qu’il considère comme une politisation excessive des questions économiques. « Il y a peut-être trop de politique politicienne dans nos affaires », a-t-il regretté. Selon lui, les entrepreneurs sénégalais disposent des compétences nécessaires pour piloter les grands projets du pays mais restent encore insuffisamment associés aux décisions stratégiques. « On ne nous donne pas encore toutes les responsabilités qui devraient revenir aux acteurs nationaux », a-t-il déploré.
Le président sortant du CIS a également appelé les investisseurs sénégalais à rompre avec certaines limites psychologiques qui freinent leur développement. « Le Sénégal n’est pas un petit pays », a-t-il martelé. À ses yeux, le pays dispose de tous les atouts nécessaires pour devenir un acteur économique majeur en Afrique, à condition que ses entrepreneurs osent porter des projets d’envergure.« Nous devons prendre notre place dans le concert des nations et devenir un pays leader sur le continent », a-t-il affirmé.
Des projets structurants pour transformer l’économie
Pierre Goudiaby Atepa a profité de son intervention pour remettre sur la table plusieurs projets qu’il juge déterminants pour l’avenir économique du Sénégal. Il a notamment évoqué le développement de corridors industriels sur la Grande Côte, la modernisation de l’aquaculture ainsi que la valorisation des ressources gazières nationales.
Concernant le gaz, il a plaidé pour que les industriels sénégalais bénéficient de conditions préférentielles afin de renforcer la transformation locale. Selon lui, un accès à une énergie compétitive permettrait d’accélérer l’industrialisation, de créer davantage d’emplois et de générer plus de richesse sur le territoire national. « Nous avons tout ce qu’il faut pour réussir », a-t-il assuré.
Auteur: Yandé DIOP
Publié le: Samedi 20 Juin 2026
Lire l’article complet ici



